LE 259e REGIMENT D'INFANTERIE

 
Le 259e Régiment d'infanterie était le dédoublement, en troupes de réserve, du 59eme Régiment d'infanterie de Pamiers. Il fut formé à la déclaration de Guerre. Il était commandé par le Lieutenant Colonel Bruneau.
Dans l'ordre de bataille, il faisait partie de la 34° division (général de brigade Alby).  Il composait avec le  288e RI (Auch, Mirande) et le 283e RI (Saint-Gaudens) la 134e brigade d'infanterie commandée par le
Colonel Chiché.

Effectif de la brigade au départ 105 officier, 6419 soldats, 337 chevaux
 

En 1914 il participe à la retraite des 2eme et  4eme armée, aux combats d'Eton, de Consenvoye, à la Bataille de la Marne, aux combats du Bois des Chevaliers.....

 

JOURNAUX DE MARCHE DES REGIMENTS (EXTRAITS)

 
Un des poilus du 259e, le sergent Pascal Dubois, témoigne : On m'a donné une vielle veste avec les galons de caporal et un fusil. Le dimanche 9 août 1914, nous avons accompagné le 59e d'infanterie musique en tête et drapeau déployé, comme pour une grande fête. Plusieurs criaient " à Berlin, à Berlin ". Le 11 août c'est le 134° territorial de Pamiers qui part dans les mêmes conditions.
 
Le jeudi 13 août au matin c'est au tour du 259°d'infanterie. Il quitte de Foix par le train. Le convoi est dirigé sur Souain dans la Marne, via Suippes. Le trajet durera trois jours.
 

 
Le dimanche 16 aout, ils quittent  Souain à une heure du matin. Ils rejoignent à pied Dombasle-en-Argonne, à une soixantaine de kilomètres, où ils arrivent le 18 aout.
 

 
 
LE BAPTEME DU FEU EN LORRAINE A ETON
22 aout : Marche sur Eton, à l'est de Verdun à une quarantaine de kilomètres. Arrivée dans la nuit.
Les premiers contacts se font avec l'ennemi qui occupe le village de Bouligny. Cantonnement autour d'Eton. Occupation des points de passage sur la rivière de l'Othain : Domrémy-la-Canne et Dommary-Barancourt.
23 aout : Le régiment reçoit l'ordre de prendre l'offensive. Direction le nord-'est sur Domprix.
Le mouvement est à peine commencé, que le régiment reçoit un contre-ordre. Il doit organiser la défense de la position du  Bois d'Eton, d'Eton, de cote 263, avec des points avancés à Dommary-Barancourt et Domrémy-la-Canne.
Des patrouilles de cavalerie vont au  contact. Vers Affléville et Bouligny, elles rencontrent des patrouilles de hulans, mais ne signalent aucune infanterie ennemie.

Lundi 24 aout 1914 à Eton.
A huit heures une violente canonnade, venant de l'ennemi, marque le commencement de la journée. Notre artillerie répond aussitôt. Les fantassins allemands attaquent les villages en position avancée sur l'Othain. Ces attaques donnent lieu à une série de combats très vifs que l'artillerie à tir courbe appuie vigoureusement.

Grace au sang froid des officiers, les postes avancés sont conservés jusque vers 15 heures.
L'artillerie allemande a pratiquement réduit au silence l'un des trois groupes d'artillerie affectés à la brigade.

Vers 17 heure 45 les allemands tentent un premier assaut. Il est refoulé par une vigoureuse contre-attaque, conduite par le colonel en personne. Les Allemands canonnent alors le village avec toute leur artillerie. Ils mettent aussi un grand nombre de mitrailleuses en batterie.

 

Devant l'aspect critique de la situation le Colonel demande au Général commandant la 67e division de soutenir la résistance de la brigade.
Impossibilité! En retour ordre est donné de tenir jusqu'à la nuit, et de nous replier ensuite vers l'ouest, vers Verdun, entre Senon et Amel-sur-l'Etang.

Le bois d'Eton étant au pouvoir de l'ennemi, nous voyons celui-ci, se diriger rapidement sur Amel sur l'Etang distant de deux kilomètres.

La brigade reçoit des coups de fusils et de la mitraille de toutes parts. Heureusement que la nuit vient, ce qui permet de se dégager.
Alors  Eton est en flammes.
Les Allemands, épuisés, ne peuvent nous poursuivre
La brigade se replie vers Maucourt sur Orne et  Ornés, à une dizaine au nord de Verdun, où elle se reconstitue dans la journée du mardi 25 aout.
Le 259e RI a eu
deux hommes tués et vingt et un blessés.

 
LE COMBAT DE CONSENVOYE
Les combats de Consenvoyé se déroulèrent à quelques kilomètres du bourg. Le site des combats est sur la rive droite de la Meuse, en lisière de la Foret Domaniale de Verdun.
 

Rapport du Colonel Chiche commandant la 134e Brigade sur le combat de Consenvoyé le 1er septembre 1914

4h: Depuis la partie Est du ravin d'Haumont le 259e doit attaquer à 5h30 la lisière Sud-est du bois de Consenvoye avec la 65e Division et la 133e brigade.
Le régiment se trompe de direction et se retrouve dans le ravin au sud ouest d'Haumont. Cette erreur laissait la droite de la Brigade découverte

9h : Situation rétablie. Progression sur un feu assez  violent.
12h 15: Ordre donné au colonel Bruneau commandant le  259e de suspendre le mouvement en avant de son régiment et de se retrancher.
 

13h : Sur ordre venu on ne sait d'où (peut être sur un cri de en avant poussé à dessein par les allemands postés dans le bois, la 1ere ligne française s'élance à la baïonnette, sans préparation par l'artillerie, sans aucune organisation méthodique de l'attaque, sur un glacis complètement découvert et battu par le feu des Allemands solidement établis et retranchés dans le bois.

Les Compagnies de soutient dont deux du 259e appuient avec une grande camaraderie de combat cet assaut intempestif et contraire aux ordres donnés. L'attaque tentée, à deux reprises, échoue. Les bataillons refluent en arrière de la crête au Nord-est de Brabant.
La soudaineté d'exécution de cet acte de folie n'a pas permis au colonel commandant la brigade d'intervenir pour s'y opposer.

15 h : L'Artillerie française se met à canonner nos troupes de 1ere ligne ainsi que les élément des régiments qui arrivent au combat. L'élan en avant est décidément arrêté.

23 h : Ordre de rompre le combat à 24h à la faveur de la nuit et d'aller cantonner à Champneville une dizaine de kilomètres au sud.

 
BATAILLES DES HAUTS DE MEUSE - CALONNE - LES EPARGES
Au 15 septembre le régiment compte 1499 hommes de troupe et 202 chevaux. Il est composé de deux bataillons de quatre compagnies. Le chef de corps est le Lieutenant Colonel de Laborderie.
22 septembre 1914 
Depuis plusieurs jours des pluies diluviennes ont détrempé le terrain. Les troupes avancent péniblement dans de véritables bourbiers.
Le 20 régiment était à Abaucourt , à six kilomètres à l'est de Verdun, où il cantonne. Le 21 septembre il est à Ambly-sur-Meuse. Le 22 septembre il reçoit l'ordre de se porter vers l'est, à la tranchée de Calonne jusqu'au bois de St-Remy et à la Fourmilière d'Herbeurville, pour faire face à Dommartin- la-Montagne. Il doit se positionner à la lisière Est de ces bois.
 

 
Le Régiment quitte le cantonnement à cinq heures du matin. En arrivant, après une heure de marche, au croisement des routes de Vaux-les-Palameix et de Saint-Rémy, il apprend par des éléments de la 133° brigade (réservistes de Montauban et Toulouse), que des groupes ennemis occupent déjà  la moitié sud du bois de Saint Rémy. Ils ont construit des ouvrages de défense. Presque aussitôt des patrouilles se heurtent à droite et à gauche de la tranchée de Calonne, à ces tranchées ennemies d’où part aussitôt un feu très nourri.
Deux compagnies, 20eme du lieutenant Seriés et 18eme du lieutenant Joffres, doivent successivement être déployées. Elles sont bloqués face aux Allemands; qui sont, eux aussi,  mis dans l'impossibilité de continuer leur mouvement en avant.
Pendant ce temps, la 19° Cie du lieutenant Maurel est envoyée dans un layon parallèle à la tranché de Calonne afin de contourner les tranchées ennemies qui ne paraissent pas très étendues. Cette compagnie ne peut remplir exactement la mission. Mais elle permet de couvrir le flanc droit du régiment. La situation restera ainsi stationnaire pendant plus de quatre heures. Chaque effort offensif des Allemands étant paralysé par notre feu et réciproquement.
La route Vaux-les-Palamiex est mise en état de défense par deux autres compagnies, la 21° et la 22° du lieutenant Cadis.
Simultanément à notre gauche la 12e Division exécute une attaque sur le bois Chanot, avec pour objectif Dommartin-la-Montagne. Cette attaque est repoussée par l'ennemi, qui progressant dans le bois Chanot force la 12° division à évacuer la lisière Est  du bois Saint Rémy.
 

Ce mouvement de retrait de la division s'exécute sans que le régiment en soit prévenu, pas plus que de l'évacuation des bois de la route Saint Rémy- Vaux.
Dans le même temps, les tentatives des allemands, qui augmentaient en intensité depuis onze heures, s'accentuèrent de plus en plus sur notre front.
Le Colonel demanda au Général de Brigade l'appui sur la droite, du régiment voisin (le 288e de Mirande) pour prendre en flanc l'ennemi.
Mais une attaque en force est lancée par les Allemands. Les éléments des 18e  et 20e se replient en ordre laissant à découvert les compagnies installées à la route.
Néanmoins ces actions arrêtent net l'offensive allemande. Les deux compagnies se préparent à contre attaquer lorsque le colonel est prévenu que le flan gauche est complètement contournée. Il envoie aussitôt les 23° et 24° occuper une position de replis en arrière de la tranchée Calonne.
A leur arrivée dans les tranchées, elles les trouvent déjà débordées par les mitrailleuses ennemies.
A ce moment là, il est 13 heures, les soldats du 259°sont pris d'enfilade, presque par derrière, et à très courte distance, par le feu d'une batterie de mitrailleuses ennemies. Le Colonel est contraint de donner l'ordre de retraite.  Le mouvement s'exécute en ordre, mais non sans perte très sérieuses.

A 14 heures le 5°bataillon du 288eme commandé par le capitaine Davezan arrive à la rescousse.
Le régiment se réforme, après avoir progressé à travers bois, sur la route de Vaux. Une plus petite partie se replie par la tranchée Calonne, puis se dirige sur Mouilly. Elle rejoint le régiment à 11 h 30.
Cinq heures plus tard le 259° reçoit l'ordre d'aller à travers bois vers la Cote des Bœufs et à la Fourmilière et de se positionner à la lisière des bois face à Dommartin-la-Montagne. La nuit arrive et le régiment bivouaque au bois de la Cote aux Bœufs.
 
Les journées du 22, 23, 24 septembre ont couté au régiment sept officiers et deux cents hommes environ.
 
LA COMETE DE 1914

L'attention des astronomes est depuis quelque temps portée sur une comète que les savants, désignent généralement sous le nom de « comète de Delavan ». Ce corps céleste est depuis quelques nuits visible à Paris à l'œil nu, et il est loisible à  chacun de l'observer pour peu que le ciel ne soit pas trop obscurci par le brouillard- d'automne. L'heure la plus propice, est quatre heures du matin. Sa position est facilement repérée même par les  personnes peu au courant de la carte céleste. L'astre chevelu voisine étroitement avec la Grande-Ourse
 A l'examen à l'œil nu, et mieux, à l'observation à l'aide d'une faible lunette, il est possible de se rendre compte que l'émission de la chevelure de la comète, chevelure qui est déjà assez longue, semble se faire uniformément par toute la surface. (1)

Elle avait été découverte le 17 décembre 1913. Avec sa queue qui offrait un beau développement elle brilla en septembre et octobre 1914. On l'a associée aux affrontements européen et elle restera la "comète de la Guerre"

Comète Delavan photographiée par l'observatoire C Flamarion de Juvisy

 
 
LE BOIS DES CHEVALIERS
Le jeudi 1er octobre 1914 le Régiment reçoit du dépôt quatre officiers et cinq cents hommes.
 

Le Bureau central météorologique relève à 7 heures le vendredi 2 octobre  6° à Paris et 8° à Nancy. Il annonce qu'en France, le temps va rester généralement nuageux et un peu froid, les brouillards sont probables.
A partir du 2 octobre le régiment se rend au bois des Chevaliers, au sud de la tranchée des Hautes Ornières pour y relever le 211° RI de Réserve de Montauban qui depuis plusieurs jours repousse de violentes attaques et qui va en 2eme ligne.
 

Dans la nuit du 8 au 9octobre, attaque de nuit vers minuit. Toute une ligne de tirailleurs allemands est repoussée au bout de vingt minutes  de feu, sans perte pour le régiment. Pendant cette période le 259°, qui opère dans des bois extrêmement touffus, a ses tranchées à une distance moyenne de 250 mètres des tranchées allemandes. Les patrouilles échangent de continuels coup de feu sans qu'une ligne puisse prétendre forcer l'autre.
 

En novembre et décembre le régiment continue d'occuper le Bois de Chevaliers. Construction de tranchées et d'abris, au rythme de cinq jours de présence sur la position, suivis de deux jours de repos à Ambly sur Meuse.
A partir du 14 décembre les Cie de 1er ligne sont relevées tous les quatre jours Construction de boyaux, pose de réseaux de barbelés en avant du front. Pendant toute cette période il n'y a eu que des échanges de fusillades entre sentinelles, et une lutte d'artillerie journalière. 
Les positions de la de 1ere et 2eme ligne subissent des bombardements très fréquents d'intensité variable provenant des directions Sud-est:  Deuxnouds-aux-bois, Lamorville, Bois de Lamorville;  direction Est : Dompierre aux bois, Verines; direction Nord-est:  Dommarchin-la-Montagne. Les calibres des obus varient : 77, 88, 150 et 210.

Pendant la nuit du 5 au 6 février, une patrouille, envoyée sur la Papeterie du Groseillier sur le ruisseau des Ormes, se heurte à une reconnaissance beaucoup plus forte et est obligée de se retirer. Le caporal Comagnan trouve une mort glorieuse. Pendant cette période le régiment à, eu treize tués et qurante blessés (tous hommes de troupe).
Le 16 il est relevé par le 288e soldats du Gers (Mirande) Ce régiment quitte ses positions en 2e ligne 4 compagnie en 1ere ligne et 4 en réserve. Il a ce jour trois blesses ( Le journal du 288e est très bien tenu. Au jour le jour il relate les actions : noms, prénoms, grade, et origine, des blesses ou tues.
Celui du 259e est tenu de façon moins pointilleuse. Un seul rapport pour la période du 14 décembre au 15 février. Cela est certainement du à l'hécatombe qui à touché le régiment.

 

DISPARUS EN CHAMPAGNE

Le village de Perthes-les-Hurlus qui s'étendait sur 1 300 hectares dont 1 250 hectares de terres labourables, comptait 151 habitants au recensement de 1911. Il fut été l'enjeu de combats acharnés de la fin du mois de septembre 1914 jusqu'en avril 1915. On peut apercevoir au nord-ouest du village, sur la croupe de la cote 200, s'aligner un chapelet d'entonnoirs  inaccessibles et recouverts de végétation. C'est là que la 34e Division, constituée par le 14e, le 59e et le 83e Régiments d'infanterie, a livré 23 combats, 40 assauts, perdant prés de 6 500 hommes.

   

Des hommes du 259e Régiment d'Infanterie Ariégeois furent de ces combats acharnés de Perthes les Hurlus. Ils y ont laissé leur vie. Leurs noms ont été porté sur le marbre des monuments au mort de leurs villages.
 
Tués à l'ennemi :
DANDIEU Jean dit " Ratou de Biert, tué le 21/12/1914

PONS Jean Baptiste Élie de Lavelanet , tué le 21/12/1914

DUNAC Alcide de Fougax-et-Barrineuf, tué le 12/02/1915

GUILHAMOTE François Benjamin de Sieuras, tué le 12/01/1915

 
Disparus à Perthes-lès-Hurlus:
ROUBINEAU Marius Donnadieu de Lavelanet disparu 17/02/1915

SUBREVILLE Marius Léon de Lavelanet disparu 18/02/1915

EYTOU Jean Marie de La Bastide-de-Besplas  disparu le 18/02/1915
CAMBON  Adrien du Cazal des Faures disparu le 18/02/1915

FOURNIÉ Aimé Ferdinand  de Brassac disparu le 19/02/1915

 
 

Mardi 16 février 1915
L'attaque générale est fixée au 16 février, à 10 heures.

La 34 Division, qui participe au mouvement général d'offensive de l'armée de Langle, attaque avec toutes ses forces sur le front.

Cette attaque est d'ailleurs l'aboutissement d'une préparation longue, méthodique. Depuis plusieurs jours, l'artillerie avait procédé à des réglages minutieux et procédé à la destruction systématique des défenses accessoires. En outre six fourneaux de mine avaient été préparés, dont trois jointifs en face la sape Farge, deux sous la tranchée 47 et un prés de la  48. Ce dernier a nécessité le forage à la perforatrice d'une galerie de 215 mètres et a été chargé de 5000kg d'explosif.
 

La journée commence par les opérations de la 60e DR sur le bois Sabot. A 9h30, l'artillerie de la  34e Division commence un tir d'écrasement extrêmement violent qui se termine par trois minutes de tir d'efficacité et par l'explosion des mines. A 10 heures, l'infanterie donne l'assaut.

 Attaque de gauche. L'entonnoir produit par les mines n'arrive pas à mordre sur les ouvrages ennemis et ne détruit même pas complètement les défenses accessoires. L'attaque occupe les entonnoirs mais permet à l'ennemi de revenir de sa surprise et d'amener des mitrailleuses. Elle ne parvient pas à prendre pied dans la tranchée allemande.
 

Attaque du centre: L'attaque énergiquement conduite, pénètre dans la tranchée 47 complètement bouleversée par les mines, enlève la 202 ouest, le boyau 47-202 et une partie de la tranchée 48.

Une contre attaque allemande exécutée  au commencement de l'après midi, tombe sous le feu de nos mitrailleuses et est immédiatement rejetée. Pourtant malgré le renfort d'un bataillon du 59e, on ne parvient pas à pénétrer dans le bois 48 pour prendre la tranchée 13 à revers.
 

Attaque droite.  Le 88e s'empare dés le début de la tranchée 210 et des deux extrémités de 49. La partie médiane de cette tranchée résiste longtemps, mais finit à tomber entre nos mains après des pertes sensibles. A 15 heures, le Régiment, renforcé d'un bataillon du 59e donne l'assaut  à la tranchée 202 et s'en empare sur toute son étendue. En fin de journée, une dernière tentative dirigée sur la sape Farge, est exécutée pat un bataillon du 83e renforcé de deux compagnies du 209e, tandis qu'un bataillon du 209e fait une démonstration par le feu contre le bois 8. Cette tentative n'a pas de succès.

Au cours de cette journée, toute la Division a été engagée, sur un front d'environ 1000m, sur deux lignes successives de tranchées, faisant ainsi tomber sur presque la totalité de la zone d'attaque, la première ligne allemande. De la tranchée 47 partaient plusieurs galeries de mine, dont certaines étaient chargées. La vigueur de l'attaque n'a pas laissé à l'ennemi le temps d'y mettre le feu.
 

Pertes : tués: 6 officiers et 102 hommes, blessés : 3 officiers et 325 hommes, disparus : 9.

Il a été fait environ 250 prisonniers dont 2 officiers.

 

 
DEUX-CENTIÈME JOUR. ET DEUX-CENTIÈME DEUXIEME LA SITUATION MILITAIRE (1)
̃Malgré la boue et le mauvais temps, nous avons remporté quelques succès. Au sud d'Ypres, les Anglais ont repris les tranchées qui leur avaient été enlevées.
Dans
la région de Reims, nous avançons vers Loivre, village voisin des ouvrages de Brimont, ainsi qu'au nord-ouest de Perthes, nous avons enlevé trois kilomètres de tranchées allemandes. Cette marche à droite et à gauche de la hauteur Berru-Nogent-l'Abbesse nous fait espérer que
les bombardeurs de Reims seront prochainement débusqués.
 
En Champagne, entre le camp de Châlons et la forêt d'Argonne, dans la région des Hurlus, la lutte est particulièrement active entre des effectifs très sérieux de part et d'autre. Le communiqué officiel dit que parmi les nombreux prisonniers que nous avons faits le 15 et le 17, figurent des officiers et des hommes des 5e et corps actifs et des 8e, 10. et 12e corps de réserve. Comme nous avons maintenu, malgré de violentes attaques, toutes nos positions et même gagné du terrain, il est à penser que nous avons de ce côté des forces équivalentes. C'est donc une grande bataille qui se livre en ce moment. Le 18, on se battait encore; dans la matinée, nous refoulions l'ennemi à la baïonnette en lui faisant subir des pertes très élevées qui, pour certains régiments, atteignaient le quart et même la moitié de leur effectif.
 
COMMUNIQUE ALLEMAND
Le nombre des prisonniers capturés hier au nord-est de Reims s'est encore accru. Ici encore, les Français ont subi des pertes particulièrement sanglantes; ils ont renoncé à de nouvelles attaques.
En Champagne, au nord de Perthes, on se bat encore. A l'est de Perthes, les Français ont été repoussés en subissant de graves pertes. Ils ne se
maintiennent actuellement que sur quelques points de nos tranchées les plus avancées.
Le nombre de prisonniers indiqué hier s'élève aujourd'hui à 11 officiers et 785 hommes. Les attaques contre nos, positions à Boureuilles,
Vauquois (est de l'Argonne) et à l'est de Verdun ont aussi complètement échoué.
 
 
JUILLET SEPTEMBRE 1915
 

LE SAILLANT DE SAINT-MIHIEL

En septembre 1915 les Allemands tentèrent d'encercler Verdun. A l'Est ils firent une percée importantes dans les lignes françaises. Cette avancée fut appelée le Saillant de Saint Mihiel. Ce front qui allait des Eparges à Pont à Mousson par la ville de Saint-Mihiel restera occupée et donc disputée pendant toute la Guerre. Le secteur de Malimbois où intervint le 259e RI est aux portes de Saint-Mihiel qu'il domine.

JUILLET 1915 :
Cantonnements de l'Etat Major, de la Compagnie des mitrailleuses et du 5e bataillon, à Pierrefitte-sur-Aire. Le 6e bataillon cantonne à Courouvre.
 

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Le samedi 3 juillet dans la matinée le régiment va relever le 288e RI. La concentration du régiment se fait dans le bois Gervais (cote 321) sur la position dite Village Nègre. A 9h les officiers supérieurs et les commandants de compagnie vont reconnaître les emplacements que doit occuper le régiment dans la soirée, pendant que la troupe fait une halte repos. La relève se fait à partir de 14 heures. Sur les positions exposées à la vue de l'ennemi, elle n'a lieu qu'à la nuit close.
 

 
Le 6e bataillon occupe le secteur du bois des Hautes Charrières : une compagnie aux tranchées, dites Besson, situées face au Pentagone (NO. des casernes de Chauvoncourt) a une distance d'environ 400 mètres.
Une autre compagnie est positionnée à la corne Est du Bois des Hautes Charrières.
En 1ere ligne un peloton au vallon du champ de tir, un peloton au vallon de la route de Bar le Duc, et une compagnie en réserve dans le bois des hautes Charrières
 

 
Le 5e Bataillon occupe le secteur de Malimbois, avec sa première compagnie, à la cote 277, face à l'est. Elle est positionnée en ligne avancée. Une compagnie et demi est dans la carrière située à 500 mètres au Nord Est de la lisière de Malimbois. Se trouvent en première ligne, une section aux ouvrages WX  et une section au boyau U (pentes sud du bois de Malimbois). Un peloton, à lisière Nord-est du bois de Malimbois, reste en réserve.
Dans les bataillons la relève des compagnies se fait tous les trois jours
 

Le régiment prend, le dispositif d'alerte. Tous les travaux sont suspendus pour exercer une plus grande  vigilance. Chaque nuit trois ou quatre patrouilles s'approchent des lignes allemandes, mais ne recueillent aucun renseignement intéressant et ne réussissent pas à faire des prisonniers.
 
LES CANONNADES

Depuis de longues journées, exception faite de la dernière tentative, avortée une fois de plus, du Kronprinz contre nos lignes de l'Argonne, l'activité militaire sur le front des armées alliées, de Nieuport aux Vosges, s'est surtout manifestée par des canonnades.

Celles-ci, à différentes reprises, et en divers secteurs, ont été intensives, et d'une durée que la nuit elle-même n'interrompait pas.

Aussi l'opinion s'est-elle accréditée qu'une grande action, préparée soit par les armées anglo-françaises soit par les Allemands, était prochaine.

Certes, nous ne sommes pas dans les confidences de notre grand état-major; encore moins, comme bien l'on 'pense, nous ne recevons celles de l'ennemi. Mais il est utile de faire connaître, afin que les impressions né s'égarent pas, que, dans les conditions actuelles de la guerre, sur le front occidental, d'importantes actions d'artillerie ne présument pas nécessairement l'imminence d'une bataille.

Celle-ci aura toujours, comme dans le passé, pour préludé ce qu'on a appelé le duel d'artillerie, expression d'ailleurs devenue peut-être impropre; car, avec l'emploi des pièces à bouclier et des positions abritées, emploi corrigé cependant par les reconnaissances aériennes, les artilleurs cherchent surtout les masses d'infanterie, sans préoccupation exclusive des canons adverses.

Mais la canonnade intensive qui, en rase campagne, est l'indice certain d'un grand choc prochain entre masses mouvantes, ne présente pas le même caractère impératif dans la guerre de siège, immobile, telle celle conduite à cette heure au long de notre sol.

Les adversaires étant face à face, et se livrant à tous les travaux que réclament soit l'attaque soit la défense, soit même la seule organisation de positions fortifiées, les engins de destruction à longue portée interviennent pour gêner lés travaux de l'adversaire et soutenir ceux des sapeurs, des fantassins de l'armée à laquelle ils appartiennent.

Et les objectifs ne manquent pas tranchées nouvelles qui vont s'ouvrir, fortins qui s'élèvent, dépôts de munitions ou d'approvisionnements qui se constituent, routes sur lesquelles circulent les ravitaillements, troupes en déplacement, etc... sans compter les batteries, les positions d'infanterie déjà repérées qu'il convient de maintenir en état d'alerte et d'insécurité.

D'où des canonnades réciproques. Il est évident, cependant, que celles-ci ouvriront un jour la scène de la grande bataille future; mais seuls les chefs responsables de nos destinées connaîtront leur raison d'être et leur but général.

Commandant de Civrieux (2)
 

 
JEREMIE AMAT
Amat Jérémie fut tué à l'ennemi, le 22 septembre 1915, sur le site de Malimbois, certainement  victime du bombardement. Il est mort dans les bras de Irénée Cambon son voisin du Cazal des Faures qui appartenait au même régiment.
 
 
SOURCES
Archives Etat Civil Mairie de Moulin Neuf
Site Web Mémoire des hommes
Ministère de la Défense,  Service Historique de la Défense, Inventaires, Cote 684/1a5, Journal des Marches et des Opérations 159eme Régiment d’Infanterie.
Ministère de la Défense,  Service Historique de la Défense, Inventaires, Cote 26N 754/9, Journal des Marches et des Opérations 288eme Régiment d’Infanterie.
Ministère de la Défense,  Service Historique de la Défense, Inventaires J.M.O.  • 2 août 1914-30 décembre 1915 • 26 N 715/11

IGN - Géoportail
(2)Le Matin 11/09/1915
(1) Le Temps

24/03/2012