LE PONT DE MOULIN NEUF

 
Jusqu'au milieu du 19eme siècle il n'y avait pas de pont sur l'Hers à Moulin Neuf . Lorsqu'on venait de Mirepoix, pour atteindre la commune du Cazal des Faures, il fallait traverser la rivière à gué, ou bien utiliser une barque en amont de la jetée du moulin.
 

La situation va changer quand le 28 aout 1840 le préfet de l’Ariège demande au Conseil Général réuni en l’hôtel du département de bien vouloir voter au titre des chemins une somme de 20 000 francs pour construire un pont sur l’Hers au Cazal des Bayles.

Il annonce que le Conseil général de l’Aude l’a informé du fait que des fonds ont été votés pour terminer la route qui doit relier Mirepoix à Limoux. Cette départementale N° 6 est loin d’être achevée. Elle ne va pas plus loin que Moulin Neuf, hameau de la commune du Cazal des Faures. Il est prévu de la continuer jusqu’à saint Benoit où elle doit rejoindre la route de de Limoux à Chalabre.

 
Les années suivantes le projet du pont du Cazal des Bayles est abandonné. Le site de Moulin Neuf est préféré pour le franchissement de l’Hers. Une estimation  prévoit une dépense de 60 000 francs environ, y compris les achats et indemnités aux propriétaires de terrain.
 
En 1844 le préfet de l’Ariège s’adresse au Conseil général :
 

"Vous savez que c'est sur la route Mirepoix-Limoux qu'un travail important s'exécute en ce moment ; un pont en pierre et à trois arches, sur l'Hers, va s'élever ; les travaux sont adjugés, et bientôt la route sera praticable jusques à Caudeval, premier village de l'Aude. Mais, de là à St. Benoît, il y a beaucoup à faire. La longueur de la lacune dans l'Aude est de 12,000 mètres environ, et, des renseignements qui m'ont été fournis par M. le Préfet de ce département, il résulte que le projet n'est pas encore terminé, que des difficultés de tracé se présentent et ne sont pas résolues ; mais qu'on espère qu'avant la fin de cette année , le projet définitif pourra être présenté; que des allocations , pour l'ouverture de cette route, ne pourront être demandées au Conseil général, que lorsque le projet aura été approuvé par le conseil des ponts et chaussées, et qu'il est à craindre que des crédits ne soient ouverts que lorsqu'on aura complètement terminé la construction de la route départementale qui se dirige de Narbonne vers Chalabre, et qui viendra ainsi se relier à celle dont je vous parle. Ce sera donc, dit M. le Préfet de l'Aude, un ajournement de 3 ou 4 ans, et dès-lors, Messieurs, il n'est pas possible d'espérer que la route, dont il s'agit, cette route que vous vous empressez d'achever à grands frais dans votre département, puisse être ouverte complètement, dans l’Aude, avant dix ans.
Je vous engagerai donc à émettre un vœu fortement motivé, pour que le département de l'Aude fasse tous les efforts pour terminer, dans un bref délai, cette communication si importante, et pour laquelle vous n'avez pas hésité à imposer au département les sacrifices les plus considérables"

 

En 1846 les travaux sont interrompus pour des raisons financières. L’emprunt départemental nécessaire n’a pu être réalisé.

 

1848. Les deux culées de ce pont sont construites et élevées jusqu'à la naissance des routes; les terrassements de la route aux abords sont exécutés et une grande partie des matériaux nécessaires à la construction des deux piles et des trois arches est approvisionnée et rendue à pied d'œuvre.
 
1848. Nouveau rapport concernant la route départementale n° 6, de Mirepoix à Limoux.
"Je vous en propose une allocation de 600 francs, pour l'entretien de cette route qui ne pourra être fréquentée par le roulage qu'après l'achèvement du pont du moulin neuf et l'ouverture des communications sur la rive droite de l'Hers, dans le département de l'Aude. Il serait très important que ce pont pût être immédiatement terminé pour que les communications avec le département de l'Aude fussent ouvertes. L'intérêt général y trouverait un avantage considérable. A cet effet, je vous propose de porter au budget de 1849 un crédit aussi élevé que possible et qui permettra de terminer presque complètement cette construction en 1849. La situation des ressources vous donnent la faculté d'y consacrer une somme de 28,574 francs. J'ai inscrit cette somme au projet de budget"
 
1851 ;  Rapport au conseil général de l’Ariège.
"On espère pouvoir livrer, cette année, à la circulation le pont du Moulin neuf, en construction sur la rivière de l'Hers ; la fréquentation de cette route, aujourd'hui sans issue, va donc augmenter notablement. Toutefois, pour que cette fréquentation soit complète, il est indispensable de rétablir le ponceau dit de Las Carboneros , situé à un kilomètre environ au-delà du pont du Moulin neuf, et qui s'est écroulé en grande partie"
 
En 1852, le Conseil Général acte l'achèvement du pont du Moulin-Neuf . Il en résulte une augmentation notable de la circulation sur la départementale, et, par suite, un entretien plus coûteux. Un cantonnier est affecté à l’entretien de la route, Ils seront deux en 1854 et 1855, L’Ingénieur en chef chargé de la voirie reconnaît que leurs stations sont un peu trop longues, il leur accorde des auxiliaires en temps d'urgence.
 
Ce chantier a donné lieu, y compris les acquisitions de terrains et les indemnités obtenues par l'entrepreneur, à une dépense totale de 92,259 francs dont le solde a été payé sur les fonds de 1853. Quant au ponceau de Las Carbounéros,  il a été reconstruit pour un cout de 4921 francs.
 
En 1855  le pont a besoin de menus travaux de défense contre les hautes eaux de l'Hers, qui menacent sa levée de rive gauche. Pour les stabiliser elles ont été garnies de plantations d’acacias.
 
La construction du pont sur l'Hers au hameau de Moulin Neuf va modifier profondément la structure de la commune du Cazal des Faures. Le trafic routier sur l'axe Mirepoix Limoux va entrainer l'installation de commerces et artisans.
 

Source : Rapports CONSEIL GENERAL DE L’ARIEGE

 

ISSN : 1626-0139
18/11/2012

 

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