origine du chateau de treziers

FERMIERS DU DIX NEUVIEME SIECLE

 

 Depuis qu’il appartenait à la famille Espert les terres du château de Tréziers étaient exploitées par des fermiers. S’ajoutèrent au domaine à partir de novembre 1816,  la métairie d’Autajou, qui avait été rachetée par Pierre Maillenc-Expert.

En 1815 Martin Cayrol originaire de Quérigut est maître valet. Il est apparenté à la famille Tournier fermier du château.

De 1819 à 1830 on y trouve les familles de Pierre Huillet et de Joseph Ribes.

Lors du recensement de 1836, vingt-deux personnes habitent le château. Pierre Maillenc-Espert avec sa famille (Marie Razoul son épouse, leur fille Céline, sa mère Paule Estrade)
Quatre familles de métayers, huit adultes, trois adolescents et sept enfants sont chargés du domaine. (Esquive, Rives, Maury, Delpech)
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En 1837 Hyacinthe Marquié époux de Marie Calmont est à son tour fermier. Il réside dans le château. Le berger François Esparre originaire de Niort dans le pays de Sault est logé auprès de la bergerie dans une petite maison du quartier de l’Houmet (La maison du bourrat)

Le 09 avril 1847 un contrat de bail de fermage fut passé avec Jacques Rolland ancien boulanger résidant à Tréziers. La redevance annuelle fut fixée à quatre mille sept cents francs. Elle était payable en deux fois. Le premier versement intervenait à la Toussaint, le second au premier juin (5).

En garantie Jacques Rolland dut hypothéquer une maison qu'il possédait à Mirepoix à l’angle de la rue Cournanel et de la rue du Maréchal Clauzel. L’acte fut rédigé et signé dans le salon du château en présence de Jean Jacques Albert l’instituteur communal et de Jean Bernard Sérié menuisier à Tréziers. Jacques Rolland restera fermier du château pendant douze ans.

Lorsqu'il abandonna le domaine il était lourdement endetté. Devant le notaire Maître Bosc de Peyrefitte du Razes il reconnut devoir à Pierre Maillenc Espert « la somme de trois mille francs provenant des arrérages et de la moins-value des bestiaux et des cabaux de la ferme » Il fut convenu que cette somme ne deviendrait exigible qu’après son décès.

En 1857 arrivent de nouveaux métayers. Jean Lafont âgé de quarante et un ans, époux de Marie Dreuilh, vient de Mirepoix. Il est aidé par son beau-frère Pierre Bousquié âgé de quarante ans époux d’Anne Dreuilh.

A partir du 1er novembre 1860 c’est Baptiste Roques, dit Roucairos qui est le fermier. Il signe un bail de trois ans (6). Il était vraisemblablement au courant de la faillite de son prédécesseur. Aussi le montant du fermage fut-il négocié à la baisse. La rente annuelle fut ramenée à quatre mille trois cents francs. Trois mille francs étaient payables au 1er novembre et le solde au 31 mai. Pour garantie, il dut toutefois hypothéquer ses biens d’Hounoux. En 1863 son bail fut reconduit pour trois ans.

A la fin de l’année 1865 il avisa son loueur qu’il souhaitait résilier le bail. Il avait trouvé une terre d’un meilleur rapport. M. Alfred Cairol Caramaing de Mirepoix  lui avait proposé d’exploiter son domaine de Bédou situé dans commune du Cazal des Bayles (7).

Maillenc-Espert dut chercher un remplaçant. Jean Clottes cultivateur à la métairie de La Fouiche, dépendant de la commune de Lagarde, fut approché.

Jusqu’en 1866 les fermiers habitaient dans une petite maison contiguë du château. Pierre Maillenc Espert se réservait l’usage d’une bonne partie du rez-de-chaussée du château. Il occupait, la cuisine, le salon de compagnie, le corridor y attenant et le chaix. Au premier étage il profitait de quatre chambres, deux au nord, deux au sud, et de la pièce dite « la Salle » donnant sur la rue au midi.

De plus ils disposaient du droit exclusif  d’entrer et de sortir par la porte principale du château.

Le bail fixait les conditions d’utilisation des bâtiments. Il précisait ce qui incombait à chacun. Le fermier était tenu de les maintenir en bon état. Toutefois les grosses réparations restaient à la charge du propriétaire. Les charrois de matériaux incombaient au fermier.

Dans les années 1860, malgré ces conventions, l’entretien du logement du fermier ne fut assuré que très partiellement. Mois après mois son mauvais état devenait patent. Le fermier Baptiste Roques jugeait que les travaux à réaliser étaient trop importants pour qu’ils lui soient exclusivement imputés. Ce fut-là, peut-être, l’un des motifs de son départ.

Le nouveau fermier Jean Clottes ne consenti à venir à Tréziers qu’à la condition expresse de disposer d’un logement décent. Il ne voulait absolument pas s’installer dans la masure où étaient logés ses prédécesseurs. En désespoir de cause Maillenc-Espert s’engagea à lui en aménager une plus à sa convenance, dans les pièces dites « la salle » et « le bûcher ». Le corridor qui séparait les pièces resterait commun.

Le bail de 1866 officialise cet accord: « Le bailleur se réserve les appartements du rez-de-chaussée et du premier étage du château ainsi que l’entrée et la sortie pour aller aux lieux d’aisance. Le fermier et ses gens ne devront occuper pour leur logement que l’appartement dit la  « grande salle », les greniers et la cave. Le petit hangar sis entre le grenier à foin et le serre pile, la cour, le grand corridor et l'escalier seront communs »

Le bail de Jean Clottes fut signé le 11 décembre 1865. Il devait débuter le 1er novembre 1866 après le départ de la famille Roques.

Contre temps, le 3 juin 1866 Maillenc-Espert décède dans sa maison de Gruissan. Il n’avait pas de descendants. Il avait légué ses biens à la famille Deumié.

Le 28 octobre, le chef de famille, Pierre Deumié avalisa le bail de Jean Clottes. Il fut signé comme de convenu pour une durée de trois ans. Le montant de la rente restait inchangé. Toutefois il la fit compléter par des rétributions en denrées. Le fermier s’engageait en plus à remettre chaque année, cinq paires de chapons, cinq paires de poulardes, douze paires de pigeons et deux cents œufs.

En garantie Jean Clottes dut hypothéquer ses biens de Saint Just de Bélengard et de Bellegarde. L’acte fut rédigé dans le salon de compagnie du château. Les témoins furent Jacques Raulet le maire de Tréziers  et Joseph Bénet

 

ISSN : 1626-0139

 

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23/11/2010