AL QUIE

 

Vue d'Al Quié et de Cabanac depuis Montaragou



Le site du Quié qui domine la vallée de l'Hers, face à Queille, était une position privilégiée. Très tôt, y furent établi  un village ainsi que, semble-t-il, un château.
 

 
Le fief de Quié fut la plus part du temps partagé entre plusieurs familles. Une des plus anciennes semble être une famille Aure ou d’Aure dont le nom est lié au toponyme Mount Auriol (1) l'ancien nom du massif collinaire que la rivière de l'Hers vif contourne à Moulin Neuf. Au cours de la croisade des Albigeois des Aure se battent des deux cotés. Les uns soutiennent la cause cathare et restent fidèles à Pierre Roger de Mirepoix, les autres servent les Croisés.
 
LA CAUSE CATHARE (2)
Pierre Aure appartient à la suite de Pierre Roger de Mirepoix qui protége les cathares du château de Montségur. Il assiste au prêches de Bertrand Marty évêque de hérétiques. Il fait partie de la troupe qui part de Montségur tuer les inquisiteurs à Avignonet. Il appartient au commando des douze sergents qui s'introduisent dans la citée et enfoncent la porte de leur résidence. Il se vanta d'en avoir tué un avec un "carreau". Il aurait ramené comme butin une épée de Ségovie.
 
AU SERVICE DES CROISES

Après la conquête de Mirepoix et  de Pamiers Guillaume d’Aure se mit au service des croisés. Mirepoix a été donné à Guy de Lévis. En 1211 Guillaume d'Aure est dans le château de Quié. En décembre le Comte de Foix, qu'il a trahi, l'assiége. Nous avons le témoignage de Pierre des Vaux de Cernay, un moine cistercien, qui accompagne les troupes de Simon de Montfort (3) :

 "Robert de Mauvoisin revint du nord de la France avec une centaine de chevaliers. Ils rejoignent le comte (Simon de Montfort) à Carcassonne. De là le noble comte emmena les chevaliers à Fanjeaux. A cette époque le Comte de Foix assiégeait le château d’un chevalier du midi, Guillaume d’Aure qui s’était rallié à notre comte et l’aidait de toute ses forces. Ce château s’appelait Quié et se trouvait prés de la terre du Comte de Foix. Les nôtres quittèrent Fanjeaux en toute hâte pour forcer le Comte de Foix de lever le siége qui durait depuis quinze jours. A la nouvelle de leur approche le Comte s’enfuit très honteusement abandonnant le siége sans même emporter ses machines. Les nôtres ravageront sa terre pendant quelques jours et détruiront quatre places fortes. Revenus à Fanjeaux ils partiront pour assiéger la Pomaréde dans le diocèse de Toulouse"


 

Ruines au Quié, printemps 2012.

SOURCES :
(1) - Le massif collinaire qui partant de Montengrand (commune de Roumengoux) surplombe la vallée de l’Hers était connu sous le nom de Monte Auriole au 10eme siècle et au 14eme siècle. (Donation du prieuré de Camon a l’Abbaye de La Grace (Lagrasse : Et in alio loco ubi dicitur Monte Ingerammo vel in Monte Aurioli, dono alodes meos. Cartulaire de Mirepoix : Montengrand est proche du lieu Monte Aurioli en limite du Cazal des Bayles cf.1305)
(2)  - Dossier Montségur Interrogatoires d’inquisition 1242-1247, Jean Duvernoy, Pérégrinateur éditeur.
(3)  - Historia Albengis de  Pierre des Vaux de Cernay (moine cistercien qui a accompagné la croisade), traduction P. Guebus H. Meissonnier, Lib J. Vrin, 1951, p 117
 
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ISSN : 1626-0139

Mise à jour : 26/11/2011