Dépiquage au château de Tréziers 


Après la moisson des mois de juin et juillet les gerbes étaient amenées sur l'aire où étaient édifiées les "gerbiéres". Tout de suite après, au mois d'Août, venait le temps du "dépiquage". On attendait avec impatience  le "matériel" de Senesse,  le convoi des engins nécessaire au battage. En tête un Lanz ou Société Française. Derrière la batteuse et la presse sur des roues à bandage d'acier, engins immenses au vu de l'étroitesse des chemins. Tout à fait derrière une petite carriole de service. Les machines étaient installées avec minutie. On les alignait. Pour qu'elle soient bien de niveau, le machiniste, à l'aide d'un antique cric à manivelle les soulevait, glissait des madriers sous les roues et enfin les calait. Partant de la batteuse un assemblage de tuyaux en fer blanc était installé pour évacuer les "abès".   Dernière étape, on soulevait de lourdes courroies qu'on ajustait sur le volant et les poulies. Partant du tracteur elles allaient en chaîne jusqu'à la batteuse puis à la presse. Poussant le régime du tracteur le machiniste faisait un essai pour vérifier l'assemblage. Dans le vrombissement des courroies, des batteurs, ventilateur, l'ensemble se mettait en transe. Un mélange de fines poussières, d'odeurs de grain et de graisse chaude ouvrait la fête. L'immense balancier de la presse à bales hochait de la tête. On allait pouvoir commencer.
Pour alimenter les machines il fallait de nombreux bras. Chaque famille du village et même des proches hameaux avait envoyé ses hommes les pus robustes. Ils étaient une vingtaine. Quelques uns sur la gerbière faisaient passer les gerbes vers la batteuse. Là c'était souvent une femme qui coupait la ficelle liant les épis. De l'expérience était nécessaire pour faire avaler la gerbe par le batteur qui vrombissait, éviter le bourrage. Entraîné dans un circuit complexe de tamis et de ventilateurs, le grain était séparé de la paille. Par des goulottes, à l'avant de la batteuse, le grain tiède coulait dans de grands sacs de jute. C'était le domaine des plus costauds. Chaque sac était posé sur la bascule à plateau. Bien souvent il atteignait le quintal. D'un élan bien mesuré, on le hissait sur le dos du porteur. Il devait l'amener jusqu'au grenier à grain du château où il le vidait. Une autre équipe oeuvrait à l'autre extrémité, derrière la presse. Il y avait là, un poste ingrat exposé à toutes poussières, celui chargé d'introduire et d'attacher les fils de fer liant les balles de paille. Dés qu'une était expulsée de la presse un homme était là. Ils étaient trois ou quatre à  tour de rôle pour les emporter. Avec ces "Lego" géants ils construisaient dans les granges des volumes odorants qui attiraient les enfants. Ils les repoussaient aussitôt pour éviter les accidents.
Partant de la batteuse, le gros tuyau d'acier vomissait maintenant au fond de l'aire ,sur un tas blond ,les bales qui avaient enveloppé les grains, on disait les "abès". Les enfants allaient volontiers s'y bousculer.
Un autre poste trouvait peu de volontaires. Il fallait enlever les déchets de tamisage qui n'avaient pu être évacués. Un béret enfoncé jusqu'aux oreilles, un foulard protégeant le nez et la bouche, il travaillait dans un nuage de poussières.
Pendant que les hommes travaillaient sur l'aire les femmes étaient aux fourneaux. Les jours précédents poulets et canards avaient été sacrifiés.

 

Debout de gauche à droite :
Antonin Combes,  M. De Mariens propriétaire du château, Marcelle Toustou, Marie Louise Fabre, "Mimi" Maranges, Clément Luga, Caricio Rizzi, ? , ?, ?, Vincent Pastor, Sauveur Maranges, ?, ?,Pech Urbain, Aimé Cambon, ?, ?, Gabriel Chiva, Emma Carrié.

Accroupis de gauche à droite :
René Sicre, ?, ?, Alain Roudiére, Solange Luga, Denise Luga, Bernard Luga, ?, Christian Chardigny, Michel Richaud, Joseph Costes, ? , "Mimi" Fabre, Noël Faure.
 

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mail to : Robert Faure

31/12/2002